Compte rendu 10èmes Victoires de l’Amef

ACTES des 10èmes VICTOIRES de l’AMEF

Paris, 5 décembre 2016


 

OUVERTURE

Merci d’être venus si nombreux à cette soirée des : « 10 èmes Victoires de l’AMEF »

 

10victoires2L’AMEF, l’Association Métiers, Entreprises et Formations, vous la connaissez bien ; sinon, vous ne seriez pas là ce soir.
Vous savez que notre vocation et nos actions consistent à favoriser l’orientation, la formation et l’insertion professionnelle à tous les niveaux et à tous les âges.

Elle a été fondée pour développer la formation professionnelle et les formations en alternance, par Madame Nicole Catala – ici présente – et que nous aurons le plaisir de retrouver sur scène à la fin de cette soirée.

Aujourd’hui, tout le monde, ou presque, reconnaît que les formations en alternance sont une des voies royales qui conduisent à l’emploi et à la réussite. Nous en sommes très heureux même s’il reste beaucoup de chemin à parcourir pour lever tous les freins qui subsistent encore, hélas.

 

L’AMEF fête ce soir les 10 ans de ses Victoires. Des Victoires créées pour récompenser des formations en alternance innovantes et réussies.

 

Ces Victoires de l’AMEF ont permis, tout au long de ces 10 ans, de mettre en lumière des jeunes – mais aussi des moins jeunes – qui ont fait preuve de courage et de détermination pour pratiquer le métier, sinon de leurs rêves, du moins de leur choix, grâce à une formation adaptée.

 

Vous aurez l’occasion de le voir lors de la remise des prix tout à l’heure.
Mais si l’AMEF a traversé ainsi presque trois décennies, c’est parce que toutes ses actions – ses colloques, ses tables rondes et les accompagnements des jeunes qu’elle a effectués – ont toujours été basées sur l’humain, sur le « savoir être », sur le monde de la compétence et de l’apprentissage permanent, mais aussi sur l’espoir qu’elle met dans les générations actuelles et futures dans une société en constante évolution.

 

C’est ainsi que ce soir, nous allons :

  • avant de remettre nos dixièmes Victoires de l’AMEF aux lauréats qui ont eu le mérite d’atteindre leurs objectifs professionnels malgré les embuches rencontrées sur leur parcours,
  • nous arrêter quelques instants sur les impacts du digital dans les métiers.

 

TABLE RONDE

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Je vous invite donc maintenant à examiner les impacts du digital dans les métiers.

Nous n’avons pas la prétention ce soir de traiter complètement ce vaste sujet : Ce n’est pas le lieu et nous n’en avons pas le temps
Mais, justement parce que nous n’avons pas beaucoup de temps, nous allons essayer de ne pas en perdre dans des lieux communs et donc aller à l’essentiel.
Pour ce faire, nous avons ce soir la chance d’avoir des professionnels de générations différentes et de spécialités différentes. Ce qui va nous permettre d’évoquer l’évolution des métiers, la suppression de métiers à cause du digital mais aussi la création de nouveaux métiers grâce au digital.

 

J’appelle donc à me rejoindre sur scène :

 

  • Pierre Khoury, Président de Shippeo et Lauréat du Prix de l’Innovation du SITL 2016, qui sera notre « référence »
  • Gérard Atlan, Ancien Président National de la HBJO et actuel Conseiller du Président du Conseil du Commerce de France,
  • Patrick Meillon, Directeur Général du Pôle Tertiaire IDF de Vinci Energie
  • Gérard Cherpion, Député des Vosges, Vice-Président de la Région Grand Est chargé de l’emploi, de la formation et de l’apprentissage, qui sera le Grand témoin de cette soirée.

Le digital est partout, mais encore ?

Tout le monde en parle mais on pourrait dire, en paraphrasant La Rochefoucault qui disait à propos des esprits « tout le monde en parle mais bien peu savent de quoi il s’agit !  »
Ma première question sera donc pour Pierre Khoury :
Le digital, c’est quoi ?

 

Pierre Khoury,
Bonsoir à tous ; je suis très heureux d’être ici. Merci à l’AMEF de m’avoir invité.

Comme Louis Burgay l’a annoncé en me présentant, je suis Président fondateur de Shippeo une société qui est « dans le digital ». Elle développe un logiciel pour la digitalisation du transport routier.
Le transport routier est un métier traditionnel et nous essayons de lui apporter le digital.

Ce qui me permet de répondre à votre question : « qu’est-ce que le digital ? »
Le digital, à mon sens, ça ne veut rien dire.
C’est apporter de nouvelles technologies mais avec une possibilité de dépliement et d’accès qui elle est assez neuve.

Disons, pour schématiser, qu’alimenter un logiciel de gestion c’est de l’informatique en général, par contre, faire quelque chose de rapide et de flexible, c’est du digital.

 

On voit bien que c’est un mot qui ne veut rien dire en français. Donc, oublions-le et retenons « nouvelles technologies » facilement accessibles.

 

L. B. Merci, Pierre.

Le digital, pardons les nouvelles technologies, créent aussi de nouveaux métiers.
Nous avions prévu d’évoquer ce soir celui qui est le plus connu sinon le plus répandu : le « community manager », à partir du témoignage de Benoit Guigou, community manager d’Evanéos, une société spécialisée dans les vacances à la carte.
Malheureusement, il nous a téléphoné il y a une heure pour s’excuser car il a eu un empêchement de dernière minute.

Pierre, je me tourne à nouveau vers toi : Un community manager c’est quoi ?

 

Pierre Khoury

Oui effectivement Benoît Guigou s’excuse. Un community manager est un nouveau métier : c’est gérer les pages « facebook », les pages « youtube », les pages diverses et variées, de la présence d’une entreprise ou d’une association sur internet.
On voit bien que ça n’existait pas il y a 10 ans. Il y a 10 ans facebook émergeait tout juste et personne ne se posait la question « comment gérer ces pages là et pourquoi gérer ces pages-là ». Aujourd’hui, une société qui ne gère pas ces pages, dites de « réseaux sociaux », devient difficilement « visible » et perd le contact avec ses clients et à fortiori ses prospects.
On voit donc qu’il y a des métiers qui se créés, tant mieux.

Louis Burgay

Maintenant, je vais me retourner vers Gérard Atlan,
Gérard, parmi vos différentes missions et responsabilités qui sont nombreuses, vous avez été Président de la fédération de l’horlogerie, la bijouterie, la joaillerie et l’orfèvrerie, d’où les initiales HBJO.
Les nouvelles technologies ont-elles – ou vont-elles – modifier les habitudes dans ces professions, dans ces métiers de commerce de proximité où le contact direct avec le client est important ?

 

Gérard Atlan

Merci de m’avoir invité, vous êtes très aimable à mon égard, mais j’ai été pendant plus de 50 ans bijoutier à Sceaux avec une équipe de 4 personnes et nous avons évolué au fur et à mesure que les clients changeaient. On parle beaucoup digital mais en face du digital vous avez des gens qui sont là et qui sont nos clients.

Nous avons beaucoup évolué et c’est vrai que je me suis occupé du commerce de France pendant 11ans.
Le digital pour moi est une nouvelle façon de parler, une nouvelle façon d’être, une nouvelle façon d’exister et on ne peut pas se tenir au courant sans le digital.

A l’heure actuelle cela prend une place de plus en plus importante puisque 7% des ventes de détail ont été effectuées via internet.
36 millions de français ont acheté sur internet. Cette part est déjà importante dans certains secteurs : 43% pour le tourisme, 39% dans les produits culturels, 22% pour les jouets et 15% pour l’habillement …

Ce qui faut dire c’est qu’avant d’acheter quelque chose le futur client va, dans près de 70% des cas, sur internet pour « se rendre compte », donc la vente est pré-organisée.
Le digital, les nouvelles technologies, sont une façon importante de faire en sorte que le consommateur sache ce qu’il veut acheter ;  c’est une façon de sécuriser les ventes et que tout le monde sache ce qu’il achète.

L. B. :

Merci. Nous allons continuer le tour de table.

 

Patrick Meillon, tu es, ce soir ici, le représentant à la fois du monde industriel dans lequel le digital et les nouvelles technologies ont modifié les habitudes et les comportements mais, tu es, aussi et surtout, un responsable d’entreprise dans laquelle il y a beaucoup de monde à diriger et à encadrer.
Alors, qu’est-ce que ces nouvelles technologies ont modifié dans le management ?

 

Patrick Meillon

Merci, bonsoir à tous. Je vais enfoncer quelques portes ouvertes avant de vous parler du digital.

On peut constater qu’aujourd’hui les gens ont tous leur téléphone portable et une tablette pour photographier éventuellement.
Un rappel pour avoir une idée de ce qui se passe sur la planète,

 

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Nous sommes 7milliards 395 millions actuellement il y a 3
milliards 400 millions de personnes qui utilisent internet, 2,3 milliards qui sont capables de converser avec les SMS, 3,7 milliards qui sont des utilisateurs portables qui permettent d’avoir accès à internet, et 1,9/2 milliards qui sont abonnés à des réseaux sociaux.

Ce qui est considérable car derrière les réseaux sociaux il y a aussi des modèles qui permettent d’analyser le comportement des personnes

Dans ce contexte-là, il est clair que l’industrie ne peut pas s’affranchir de ces données là et qu’effectivement on travaille de façon très intense sur ces sujets.

 

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Aujourd’hui 85% des gens allument leur portable moins d’une heure après s’être levé.

Dans ce monde du numérique qui est extrêmement dynamique, il y a plein d’outils qui naissent.

J’ai parlé d’un outil qu’on utilise de plus en plus dans le monde de la construction, ce sont les maquettes numériques.
On peut citer d’autres outils qui sont dans l’automatisation, la robotisation, aux véhicules automatiques, aux drones, à la réalité virtuelle avec des

lunettes qui permettent de regarder ce qui se passe à l’intérieur du bâtiment …
On voit qu’il y a énormément de choses qui sont en train de naître et puis, vous le savez tous, on constate maintenant une multiplication très très importante de l’information sur les réseaux sociaux et sur des plateformes de partage.

 

Evidemment, l’industriel ne peut pas ignorer ces phénomènes et il est confronté à quelque chose d’absolument fondamental : c’est la formation de ses personnels, une formation qui doit être remise en cause en permanence puisque les outils eux-mêmes évoluent en permanence.

On fait réaliser des enquêtes pour comprendre ce que sont les apprenants d’aujourd’hui et finalement dans quel contexte ils évoluent ; on réalise des sondages pour essayer de comprendre quelle est la façon dont les gens se comportent en matière d’apprentissage pour essayer d’adapter nos formations à ces nouveaux comportements.

Désolé de parler un peu anglais mais aujourd’hui, c’est la règle des 4 A : Anywhere, Any time, Any divise, Any content ; c’est-à-dire : avoir des formations qui soient disponibles à tout instant, partout, en utilisant n’importe quel type de médias, et avoir accès à n’importe quel type de contenu.

 

Notre enjeu actuel se situe au niveau de la formation, mais ce n’est pas le seul, c’est vraiment de s’adapter à ces nouvelles technologies.

Ce qu’il y a de clair, c’est qu’aujourd’hui il y a 4 générations qui sont au travail. Il est très probable que pour les bébés d’aujourd’hui le contexte sera très différent.

 

Une génération, les sociologues disent que c’est 5 ans … je suis né à une époque où les générations étaient de 25 ans.

En 5 ans, toutes les références culturelles changent : il suffit de regarder au niveau des films, des musiques, etc…

J’ai un neveu qui a 15 ans, il considère que ma fille de 25 ans est une vieille. On en est là.

 

Pour nous, dans l’industrie, nous avons clairement la fracture numérique à gérer. Il n’est pas question de considérer que tout le monde sache tout faire.

Ce n’est pas possible. Mais, par contre, nous devons tous changer nos comportements.

En tant que manager, on est dans des managements très diffus, très horizontaux ; aujourd’hui un « chef », c’est plutôt quelqu’un qui est capable de rassembler, de créer des instants de dialogue, que ce soit dans l’espace physique ou virtuel.
C’est un véritable enjeu pour les années à venir. La bonne nouvelle c’est qu’il y a un des fondamentaux qui eux ne changent pas : il faut des gens qui, à un moment, sont capables d’en rassembler d’autres pour mener à bien des projets, dans l’espace physique mais aussi dans l’espace virtuel de demain.

 

Louis Burgay

Merci Patrick.

 

Gérard Cherpion, vous voulez rajouter quelque chose tout de suite ?

 

Gérard Cherpion

D’abord merci pour cette invitation à participer ce soir avec vous à ce débat.

Pour moi le digital c’est un outil, qui est à la disposition de l’ensemble de la société et en particulier en matière d’apprentissage.
Nous sommes maintenant dans des régions qui sont de plus en plus grandes.

Si on prend la région où je suis élu, elle fait 1,7 fois le territoire de la Belgique …
Il s’agit donc de régions très vastes et si nous ne sommes pas capables d’utiliser le digital pour rapprocher les gens et les jeunes par rapports aux petites formations traditionnelles nous ne pouvons pas réussir le pari qui doit être le nôtre de développer l’alternance.

 

C’est vrai aussi dans l’industrie, c’est vrai dans la vente, dans les loisirs, …
Je crois qu’on a une obligation aujourd’hui, entreprises ou élus, de mettre le digital à disposition de l’ensemble des personnes avec lesquelles nous travaillons.
Sans, effectivement, effacer le potentiel humain, les relations humaines.
On ne résoudra pas tout par le digital mais on peut effectivement avoir un outil extrêmement performant en matière d’apprentissage.

Un jeune, qui est éloigné d’un centre de formation, peut suivre un cours à distance, être présent au cours par vidéo conférence, répondre à des questions, être interrogé,…

 

On va économiser du temps et des moyens, c’est un pari que nous devons gagner. Il faut s’appuyer sur des gens comme vous qui créé des entreprises directement tournées vers la création et puis c’est aussi de faire participer ces jeunes, les intégrer dans le développement et cela dès le plus jeune âge.

Un exemple qui m’a frappé, développé par l’UIMM, c’est le « système techno ». Les jeunes reçoivent une tablette à l’entrée d’un salon, ils écrivent leur nom, ensuite ils font le tour tout seul, avec des systèmes d’engrenages… ensuite ils se notent eux-mêmes ; à la sortie, on dit au jeune  « voilà,.. à
partir de ce que tu as développé, tu dois pouvoir t’orienter vers tel ou tel métier » ; on lui montre le poste de travail, ce qu’il pourrait faire, en ajoutant souvent « il y a 3 ou 4 postes qui pourrait t’intéresser dans notre entreprise ou notre branche ».

 

Je crois qu’aujourd’hui il faut aussi tourner la page des salons professionnels fixes et développer le digital et y attirer les jeunes par le digital.

 

Gérard Atlan

Bien sûr …. Je reprends ce qu’à dit Gérard Cherpion : le commerce a la volonté et l’exigence de faire en sorte de devenir digital tout en étant réel.

ll y a quelques années on disait « attention le numérique arrive, le magasin est mort » ; on se rend compte 5 ans après que ce n’est pas du tout ça. Le numérique est un moyen de connaître le produit mais l’acheteur a aussi besoin d’un magasin pour « toucher le produit ».

On ne peut plus dès aujourd’hui et à fortiori dans les années à venir ne pas être sur le net. Lorsque j’ai commencé j’avais beaucoup de montres à montrer au client qui choisissait sur place. Les derniers temps je n’avais pas un grand stock car le client choisissait sa montre sur internet, me donnait exactement les références, je commandais la montre, il l’avait dans les 48 heures et partait satisfait si le produit correspondait bien à ce qu’il avait imaginé. Un client satisfait et pas de gestion de stocks : merci internet !

Nous vivons dans un monde qui bouge et plein d’innovation ; nous devons nous y adapter et maitriser ces nouvelles technologies ou disparaître.

 

Pierre Khoury

Effectivement, les choses changent vite et assez en profondeur. La génération Y réagit vite, sur YouTube, twetter ou facebook ; elle est habituée à interagir. Dès lors elle est en position de création et non plus d’exécution. Chacun veut apporter sa pierre à l’édifice.
C’est un changement qui est passionnant car ces jeunes veulent créer et rejoindre un projet parce qu’ils y croient, que ça les intéressent, et que c’est une aventure. On se retrouve ainsi avec des gens très engagés mais c’est difficile car on ne peut pas embarquer tout le monde.
Je vois chez Shipéo les jeunes sont indépendants et il ne faut pas les déranger ; par contre, ils réagissent immédiatement : on peut leur mettre un message ils vous répondent tout de suite. Ils sont aussi imprévisibles ; par exemple, ce matin un salarié a acheté un sapin de Noël et l’a mis au milieu du bureau, qu’il considère comme son « chez lui ».
Il y a donc beaucoup d’autonomie et certains s’approprient le projet et font comme chez eux, par contre, d’autres personnes ne sont pas du tout dedans et partent au bout de 15 jours ; ils se disent que cette aventure n’est pas pour eux.

Le rapport à l’entreprise change beaucoup pour le meilleur et pour le pire. Je pense que ça laisse la place aux meilleurs. En tous cas, c’est certain, le management est bien différent de ce qu’il était jusqu’ici.

 

Louis Burgay
Merci Pierre.

 

Nous allons maintenant vous donner la parole et passer au « Questions/Réponses ».
Qui ose poser la première question ?

 

François Butet :

Bonsoir,
Le digital : destruction ou création d’emplois ?

Pierre Khoury

Je pense un peu les deux. Il faut détruire pour reconstruire. Je pense que c’est plutôt une création car c’est beaucoup à l’initiative personnelle, ça veut dire que chacun à l’opportunité de créer quelque chose de nouveau dans son domaine et à son échelle. C’est plutôt très positif.
Je ne sais pas s’il y a 100 ans on demandait à un ouvrier s’il s’éclatait sur sa chaîne ; aujourd’hui ce même ouvrier on va lui demander de travailler sur son poste de travail de travailler ses méthodes, de travailler avec ses outils, d’être créateur de son poste, je pense qu’à chaque niveau ça laisse la part belle à l’initiative. Pour l’individu, c’est plutôt positif et, pour les entreprises, c’est aussi plutôt positif car c’est comme ça qu’on avance.

 

L. B. :

Autre question ?

 

Gérard Rouzade

10victoires5Vous avez tous très bien parlé du digital.
Monsieur Meillon a parlé de génération Z et Y ; je pense que le digital recouvre surtout une évolution sociologique.
Je dirais la génération Y l’a développée et créée et la génération Z en vit. Avec une remarque, que j’ai vu sur le tableau de Monsieur Meillon, c’est cette dépendance totale au matériel, à leur portable.
J’aimerai avoir votre avis sur la partie sociologique, sur ce socle de population qui vit aujourd’hui dans cette ère, et, qui n’est pas dans la configuration d’un cerveau qui date de 50 ans ?

 

 

Patrick Meillon

10victoires6Bon là vous me posais une colle. Je suis mal placé pour répondre à cette question parce que je suis issu du milieu du 20ème siècle. J’ai donc été éduqué à plat avec des livres et dans un espace à 3 dimensions qui est l’espace que vous connaissez aujourd’hui.

Et aujourd’hui, je vais paraphraser Michel Serres «  à mon adresse physique, il ne m’arrive plus rien et mon véritable outil de communication avec le monde m’arrive sur mon adresse virtuelle c’est-à-dire sur mon adresse mail ».

Ce qu’il faut essayer de comprendre c’est qu’on est en train de changer de topologie.

Ce n’est pas facile sur cette planète ; on était dans une topologie à 3 dimensions avec des notions de distances, d’adresses, des notions de dimensions,… et on passe dans un espace virtuel pas règlementé. La topologie d’aujourd’hui est très difficile à appréhender : les distances n’ont plus de sens puisque les informations passent dans les fibres optiques à au moins 300 000 km à la seconde.

On est en train de créer un monde que l’on est en train de complètement découvrir. Pour moi, il est trop tard, mais les générations Y, les générations Z et les générations qui viennent vont devoir construire dans ce monde-là, légiférer dans ce monde-là, naviguer dans ce monde-là, trouver du sens dans ce monde-là !

Car le monde virtuel a besoin de sens. Je pense que nous sommes en face d’une révolution. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est encore Michel Serres qui précise que « cette révolution est de la même ampleur que la révolution qui est née de la création de l’écriture et de la révolution qui est née de l’invention de l’imprimerie ».

Comme vous le voyez, je suis incapable de répondre à votre question.

Mais, le siècle qui vient va être passionnant à cet égard.

On commence à voir apparaître aujourd’hui des conflits entre l’ancien monde et le nouveau monde : par exemple Uber. On voit les tentatives des législateurs – qui sont d’ailleurs les bienvenus – pour essayer de réglementer ce monde-là. Mais, jusqu’ici, le règlement consiste finalement à utiliser les méthodes que nous avons héritées de notre passé.
Que seront les règlementations dans l’espace virtuel qui a, en plus, les caractéristiques d’être planétaire ?
Moi, je n’en sais rien. En tous cas et, effectivement, vous avez raison de le souligner, c’est en replongeant sur ce qui est l’homme, sur ce qu’est la société, sur la façon dont on a envie de vivre et sur la façon dont on a envie de créer ce monde virtuel, qu’on trouvera les solutions qui permettront justement à l’homme de trouver sa place dans l’espace virtuel. J’aurais envie de dire, en paraphrasant Rabelais, que « technologie sans conscience n’est que ruine de l’âme » !

 

L.B. :

Merci Patrick.
Une autre question ?

 

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Cyrille Treillard

La digitalisation c’est bien ; on voit le côté positif mais est ce que ce n’est pas la mort de notre vie privée ?
Par exemple, la protection des données personnelles, malgré l’évolution réglementaire récente avec l’arrivée du règlement européen, le fait de divulguer à tort et à travers des informations, n’est-ce pas, quelque part, la mort de notre vie privée ?

 

LB :

Qui répond ? Patrick ?

 

 

Patrick Meillon

Je peux faire une approche de réponse ; Monsieur Cherpion aura peut-être d’autres vues.
Il est clair qu’aujourd’hui, parmi les nombreuses découvertes et les nombreuses règlementations qu’on doit imaginer dans ce monde virtuel, il y a la protection du patrimoine des biens et des personnes.
Mais actuellement vous disposez d’un patrimoine numérique qui n’a aucune protection. Cela va de vos photos de famille que vous avez mis sur votre ordinateur, en passant par tous les actes notariés qui sont aujourd’hui digitalisés, en passant par des données que vous avez sans vous en rendre compte laissées sur la toile. Force est de constater que ce patrimoine numérique n’est absolument pas protégé aujourd’hui.

 

L.B. :

Une réponse dans la salle ?

 

Jean Michel Longo

 

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Le numérique a quelque chose de particulier : il s’affranchit des frontières. Donc, s’il n’y a plus de frontières, nous avons un problème c’est que le droit s’effondre. Il y a un problème du droit dans le numérique. Lorsque vous mettez vos données dans un serveur, vous ne savez pas trop dans quel pays elles vont. Il y a beaucoup de gens qui

ont peur d’internet aujourd’hui, à cause de cela. La peur d’internet vient de la pérennité de la protection et de l’encadrement législatif.
Alors, en attendant que le monde s’adapte, parce qu’il va falloir que l’on ait une législation mondiale, elle ne va pas venir rapidement, il faut revenir aux bonnes vieilles méthodes. C’est savoir se protéger : c’est des coffres forts, c’est des partenaires qui garantissent des endroits où l’on puisse avoir des garanties de chartes avec leur client. Aujourd’hui, il faut que chaque personne cherche où elle va mettre ses données, à qui elle confie ses données.
Le premier problème c’est la maîtrise des données mondiales. Il y a des états qui sont très en avances qui ont le mérite de la stratégie …
On constate l’inconscience des utilisateurs qui peuvent se mettre tous nus sur internet et qui ensuite ont des mésaventures. Par exemple, aujourd’hui des jeunes qui, dans le cadre d’un recrutement, se retrouvent face aux bêtises qu’ils ont pu mettre sur internet. Donc, il faut qu’on se rééduque et qu’on pense systématiquement au droit et comment on divulgue et à qui on confie ses données.

 

Pierre Khoury
La question est compliquée. Je crois que chaque personne est libre de poster des choses. Donc ceux qui veulent préserver leur vie privée peuvent ne pas mettre des photos en situation délicate sur internet. C’est vrai qu’internet démultiplie les possibilités. C’est sûr, la liberté crée du risque et il faut être vigilant ; c’est au niveau individuel que l’on doit être vigilant.

C’est un nouveau champ qui s’ouvre. De la même façon que l’on est vigilant dans l’éducation de ses enfants, il va falloir être vigilant sur ces plans là avec ses enfants.

 

L.B. :

un autre intervenant ?

 

10victoires9Claude Hui de l’association française pour le développement de l’enseignement technique.
Actuellement vous dites que les métiers évoluent donc il va falloir faire évoluer les formations. Quelles sont les compétences que vous attendez de vos futurs salariés, et comment le politique va-t-il procéder pour faire évoluer les contenus de formations ?

 

 

Patrick Meillon
Pour nous, industriels, c’est assez simple. J’ai dit tout à l’heure qu’il y a plein d’outils qui naissent, de nouveaux outils qui sont susceptibles d’améliorer la productivité.
Notre première difficulté c’est de sélectionner les outils puis de former nos salariés. Comme je le disais tout à l’heure, les moyens de formation sont en train d’évoluer. Il est clair qu’aujourd’hui on veut utiliser ces moyens pour aller beaucoup plus vite dans le cadre des formations car nous devons être en permanence au moins au niveau national sinon au niveau mondial pour la technique afin de réaliser des ouvrages mondiaux.

 

Gérard Cherpion
Pour les politiques, sur le plan des formations de compétence régionale, c’est vrai que c’est difficile parce qu’on nous demande de former des jeunes à des métiers qu’on ne connait pas.
Même une formation continue, sur des métiers qui évoluent constamment, nous oblige à mettre à jour en permanence le référentiel en place.
On nous demande comment on va préparer des gens dans le futur, je suis incapable d’y répondre en terme de formation. Ce que nous pouvons faire, c’est donner le socle de connaissances, les capacités aux différents outils, de façon à ce que le jour où le métier commence à émerger pour le jeune où le salarié, on puisse immédiatement déclencher la formation. Cela implique de la réactivité, de l’observation permanente, et, en pratique de la concertation permanente avec les branches professionnelles.

Pierre Khoury
Pour le coup, je veux bien intervenir. Merci de cette question qui est assez fondamentale et passionnante.

Je répondrai en tant que professionnel en disant que ce qui est recherché c’est du « savoir être », comme vous l’avez dit en introduction, Louis, tout à l’heure.
Du « savoir être », parce que, en grossissant le trait bien sûr, les connaissances techniques sont secondaires. Elles sont maintenant facilement et rapidement accessibles sur internet (sur Wikipédia ou sur toutes autres bases de données).

Lorsque je pose une question à mes salariés, dans la seconde qui suit, ils cherchent sur Google ! Là, je ne suis pas dans la caricature. C’est pour dire que le savoir est accessible indéfiniment et donc la seule chose qui reste indispensable et personnel, c’est le savoir être, la capacité d’initiative, c’est le comportement.

Je voudrais prendre un exemple qui n’est pas issu du numérique, c’est la restauration. J’ai été actionnaire de Léon de Bruxelles un restaurant assez connu. La première chose que l’on faisait était de former nos équipes au savoir être, au relationnel avec les clients, à la façon de se comporter et à la façon de prendre des initiatives. Sur ces bases, les salariés pouvaient se développer, prendre des initiatives, prendre de l’aisance et progresser.
Aujourd’hui, c’est la seule chose, je crois, qui reste. C’est la capacité à « être bien », à prendre des initiatives, à réfléchir. Les métiers, on les connait pas, moi-même je ne sais pas ce que je ferai faire à mes salariés dans 3 ans et à fortiori dans 5 ans. Je ne sais donc pas ce que vont faire concrètement les personnes que j’embauche. Le seul point connu et qui perdure est le comportement. C’est donc sur cette base que l’on embauche. Nous avons ainsi des gens qui sont autodidactes, qui n’ont pas leur Bac et qui font du développement informatique. Cela peut paraître curieux, mais par leur volonté, leur curiosité, ils avancent. Quand un problème se présente, ils cherchent à le résoudre, ils cherchent à aller de l’avant et le plus souvent ils trouvent la solution.
Je pense que c’est un message qui me parait très important, pour les formations en alternance qui sont ce soir ici à l’honneur.

Ces formations permettent d’être dans le monde professionnel, permettent de tester et d’éprouver ses propres compétences dans le monde réel et d’acquérir ce savoir être qui sera un atout pour le futur.
Les formations plus théoriques ne donnent pas forcément un meilleur bagage ; elles peuvent laisser à la personne l’impression qu’elle possède une connaissance car elle sait résoudre une formule mathématique et elle peut penser que cela va lui permettre de tout résoudre et va la protéger dans le monde de demain.
Mais c’est faux : il va falloir qu’elle se batte pour  réinventer continuellement son métier ; il lui faudra aller de l’avant et développer ses qualités personnelles. L’apprentissage permet cela et mon conseil aux jeunes sera de ne pas se « retrancher » derrière des connaissances techniques car elles sont déjà obsolètes ou elles le seront très rapidement.

 

10victoires10

 

Louis Burgay

Je pense que c’est une réponse importante. Les jeunes nous demandent souvent « qu’est-ce qu’il faut que j’apprenne ? » La réponse est « il faut apprendre à apprendre ». Il faut apprendre « à réfléchir » pour pouvoir ensuite savoir « faire le tri » dans les informations.
Les différentes matières enseignées à l’école doivent contribuer à développer les capacités de réflexion des élèves ; elles doivent, bien sûr, donner des repères aux jeunes mais, surtout, elles doivent leur permettre d’en faire des têtes « bien faites  plutôt que bien pleines ».  Ceci commence dès l’école primaire, avec la manière de se comporter dans la vie de tous les jours.

On constate que ceux qui réussissent – et on le verra dans la remise de ces 10èmes Victoires – sont ceux qui savent se « prendre en mains, » réfléchir par eux-mêmes et qui osent « être eux-mêmes ».

 

Gérard Atlan
Le comportement est évidemment fondamental dans le commerce mais la formation y joue un très grand rôle. Sur les 750 000 entreprises du commerce de proximité, 700 000 sont des petites entreprises où le responsable est toujours un formateur. On dit « le plus important pour un commerce, c’est l’emplacement et l’emplacement ». C’est vrai mais j’ajoute aussi « la formation et la formation ». Si les gens ont pour mission d’accueillir les clients, ils doivent recevoir une formation suffisante pour avoir un comportement de « commerçant » et savoir écouter son client. Il ne suffit pas de dire « voilà ce que nous avons », il faut dire « de quoi vous avez envie ? ».

La formation, c’est l’adaptation du métier à l’évolution de la société. Nous nous sommes adaptés à l’arrivée des grandes surfaces, nous devons nous adapter maintenant à l’invasion du digital et des nouvelles technologies pour en faire une opportunité de développement.

 

Louis Burgay
Merci, Gérard.
Encore une question ?

 

Jean Michel Longo
Excusez-moi de reprendre la parole mais je voulais ajouter que le numérique est une technique.

A la première question « il y a eu destruction ou création d’emplois », est-ce qu’on peut dire que l’imprimerie a créé des emplois ou détruit des emplois ? Est-ce que l’électricité a créé des emplois ou détruit des emplois ? Nous avons vécu différentes révolutions de ce genre dans notre histoire. Mais, cette fois, le problème que nous avons, c’est la rapidité, la vitesse avec laquelle les changements se produisent. C’est quelque chose de complètement nouveau. Tout va très vite peut être trop vite mais c’est ainsi.

Si j’avais quelque chose à conseiller, c’est à donner des « cours de curiosité ». Comme on disait « l’emplacement, l’emplacement, l’emplacement » je dirai que dans la vie moderne c’est « curiosité, curiosité, curiosité ». Mais, ce qui est grave en fait, c’est que les gens qui ne sont pas curieux auront du mal à s’adapter.

 

Louis Burgay
Merci. Une dernière question ?

 

Claude Barrier

 

10victoires11

J’aimerais savoir comment le digital peut accompagner la main ? Je m’explique : il y a énormément de métiers manuels. Comment vont-lls évoluer et s’adapter ?

Par ailleurs, je suis en train de me battre, Monsieur le Député, pour ne pas fermer une cession de formation d’horlogers à Delle qui est une petite ville. Les jeunes diplômés trouvent du travail grâce à ce diplôme et perpétuent notre tradition.

Nous accueillons tous les ans en France 84 millions de touristes ; nous les accueillons parce que nous avons un patrimoine extraordinaire culturel magnifique mais aussi des savoirs faire comme l’horlogerie. Il faudrait que nous puissions le conserver et le transmettre à nos enfants.

 

Gérard Cherpion
En fait, c’est ce que nous disions : il y a une évolution des métiers et finalement la disparition d’un certain nombre de métiers.
Pour autant, ce que l’on appelle maintenant les « métiers rares », sont à mon sens des métiers fondamentaux parce qu’ils savent aussi transmettre une tradition, un savoir et un savoir-faire, qui sont nécessaires dans la construction d’une société.

Nous avons, dans certaines régions, des métiers rares. Dans la Région Est, dans les Vosges entre autres, nous avons des fabricants de meubles qui ont des spécialistes de la dorure sur sièges. Il s’agit de métiers qui sont très rares, où l’on ne fabrique pas à la chaîne des centaines de sièges. Mais Il faut es gens qui soient particulièrement bien formés.

Cela veut dire, pour moi, que c’est la responsabilité des Régions de suivre et d’aider à conserver tous ces métiers.
Sinon, nous allons perdre des pans d’expertise et, par voie de conséquence, nous allons perdre des marchés en France mais aussi des marchés extérieurs qui sont liés à ces métiers. On doit réussir à conserver ces métiers.

Je reviens à mon tour sur ce qui a été dit sur l’importance du digital, si cela crée ou si ça tue des métiers.

Je pense qu’on s’est trompé en France lorsque l’on a indirectement lutté contre la robotisation dans les entreprises. En Allemagne, la robotisation est deux à trois fois supérieure à celle de la France, le taux de chômage n’est pas le même non plus. Bien sûr il y a une démographie qui est différente mais cela veut dire que si la robotisation a modifié la carte de l’emploi, elle n’a pas tué directement les emplois.
D’autres emplois sont nés …

Il faut que nous ayons le sentiment que le numérique va faire disparaître un certain nombre d’emplois mais qu’il va en créer d’autres. C’est la création de ces autres emplois qui va créer de nouvelles richesses pour notre territoire. Ne faisons pas l’erreur que nous avons faite avec la robotisation, il y a une quinzaine d’années maintenant.

 

Pierre Khoury
Moi je n’oppose pas le digital et les métiers manuels, bien au contraire. Je pense que cela peut redonner un coup de fouet à certains métiers
.
Je vais prendre un exemple dans le domaine des métiers de bouche. Il y a 10 ans, on ne voyait que l’essor des plats cuisinés et on croyait que l’on allait être mangé à la sauce « Picard ».
Force est de constater qu’avec la crise de 2008, les pâtissiers, la préparation à domicile entre autres, ont pris un essor fulgurant.
Qui aurait pensé, il y a 10 ans, que l’on serait dans un canapé devant M6 un soir pour regarder des gens faire un gâteau ! C’était inimaginable.
Ce qui prouve bien que ce sont des métiers qui peuvent très bien « décoller » avec cette vague du digital.

Je pense qu’il y a un mot clé derrière tout cela, c’est la passion.
Il faut que les jeunes qui s’engagent dans ces filières-là soient passionnés, aiment leur métier, aient la curiosité évoquée tout à l’heure et soient excellents.

Ils vont faire de cette passion un tremplin pour aller de l’avant. Mais, à vrai dire, il en est de même pour tous les métiers, les métiers dits « intellectuels » compris !

Les gens qui sont malheureux dans un job quel qu’il soit vont très vite sortir du circuit. Parce qu’ils sont incapables de prendre des initiatives. Par contre ceux qui sont passionnés par leur métier, et à fortiori par les métiers manuels, peuvent tout à fait avoir des réussites formidables parce que il y aura toujours besoin de ces métiers et que le numérique peut permettre de les mettre en valeur et les faire repartir. Pour moi ce n’est pas à opposer bien au contraire.

 

Patrick Meillon
Je vais dire que la robotisation, certes, fait beaucoup de progrès, maintenant une tour à la Défense, pour parler de mon métier, cela se construit encore à la main.

Dans le siècle qui vient, les robots vont beaucoup évoluer les exo squelettes pour faciliter le travail de l’homme.
Pour autant, la notion de métier a encore de beaux jours devant elle. J’ajoute que l’entreprise, dans pas mal de secteurs, est aussi une forme de conservatoire des métiers.
Ainsi, dans mon entreprise, nous conservons des tailleurs de pierre qui sont capables de restaurer un certain nombre de nos monuments, alors que l’on pense que c’est un métier disparu ou en voie de disparition.
Des métiers comme celui-là, il y en a encore beaucoup dans les entreprises. Par exemple, on restaure actuellement la chambre de la Reine au Louvre et cela nécessite des ouvriers très hautement qualifiés, capables de reproduire des métiers qui existaient au XVIII ème siècle !
Oui, pour moi, je le répète, le travail manuel à encore de beaux jours devant lui.
Les imprimantes 3D vont faire des miracles dans les années qui viennent mais on aura encore besoin pendant de nombreuses années de pâtissiers, de boulangers, de maçons et de tout un tas de gens de métiers qui paraissent
simples et qui, dans les faits, nécessitent un très haut degré de savoir-faire et surtout quelque chose de fondamental, quel que soit le niveau, qui est le « tour de main ». Chacun a un tour de main, qu’il exerce un métier manuel ou intellectuel.

 

Louis Burgay :

Merci. Ce sera la conclusion de Patrick.
Pierre, une dernière remarque ? 

 

Pierre Khoury :

L’alternance est une formation formidable parce qu’elle est ancrée dans le terrain, toutes les professions doivent être exercées avec passion.

On est dans un monde qui va encore beaucoup évoluer, mais qui, pour moi, laisse la part à l’initiative, à la créativité, à la personnalité de chacun.
C’est un monde pour moi intéressant sinon exaltant. Mais, les gens qui veulent se replier derrière un système auront plus
de mal à rester cachés avec la transparence totale. Pour tous les autres, je pense que c’est une opportunité.
On va voir ce soir des gens qui ont fait le choix du dynamisme, du risque, de l’envie et je trouve très bien qu’ils soient mis à l’honneur parce que si on avait un pays qui globalement allait dans ce sens-là, on s’en porterait mieux. Merci.

 

Louis Burgay
Oui, c’est exact. Nous allons voir dans la remise de ces 10èmes Victoires de l’AMEF c’est la passion qui a guidé nos Lauréats de ce soir.

Je vous remercie tous, participants à cette table ronde et vous dans la salle, d’avoir par vos exposés, questions et commentaires, enrichis nos échanges.

Nous n’avions pas la prétention d’aller très loin sur ce sujet en une heure. Nous avons, tout de même, mis en évidence un point fondamental qui est le comportement et la responsabilité individuelle. Nous retiendrons aussi la notion de « savoir être » et le besoin de sens, de curiosité, de créativité, de réflexion et de passion.

Vous pourrez retrouver l’intégralité de ce débat dans les actes publiés par l’AMEF ainsi que sur notre site.

 

Consulter la suite : Remise des prix des 10èmes Victoires de l’AMEF

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